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Dubois et Dépraz, 110 ans après, mise toujours sur les chronographes modulaires

L’entreprise indépendante du Lieu dans la Vallée de Joux, spécialisée dans l’horlogerie compliquée et la mécanique de précision, entend gagner en visibilité pour les 110 ans de son existence. En renforçant encore davantage son activité phare de fabrication de planches additionnelles, mais aussi en lançant son propre mouvement intégré.
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    Jean-Philippe et Pascal Dubois, la 4e génération de directeurs de l’entreprise Dubois Dépraz au Lieu, dans la Vallée de Joux.
    Jean-Philippe et Pascal Dubois, la 4e génération de directeurs de l’entreprise Dubois Dépraz au Lieu, dans la Vallée de Joux.
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    En haut: la nouvelle usine de La Combe de Dubois Dépraz, située à la sortie du Lieu. En bas: l’entreprise sise sur la Grand-Rue et qui s’est développée à partir du premier atelier d’horlogerie fondé le 1er janvier 1901 par Marcel Dépraz.
    En haut: la nouvelle usine de La Combe de Dubois Dépraz, située à la sortie du Lieu. En bas: l’entreprise sise sur la Grand-Rue et qui s’est développée à partir du premier atelier d’horlogerie fondé le 1er janvier 1901 par Marcel Dépraz.
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    Le directeur général Jean-Philippe Dubois lors d’un tour d’usine organisé pour la presse début octobre.
    Le directeur général Jean-Philippe Dubois lors d’un tour d’usine organisé pour la presse début octobre.
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    Diverses opérations effectuées chez Dubois Dépraz. Elles permettent de créer une vaste gamme de modules additionnels qui viennent s’ajouter à un mouvement. Cette approche à l’avantage de ne pas obliger les marques à concevoir à chaque fois un tout nouveau calibre.
    Diverses opérations effectuées chez Dubois Dépraz. Elles permettent de créer une vaste gamme de modules additionnels qui viennent s’ajouter à un mouvement. Cette approche à l’avantage de ne pas obliger les marques à concevoir à chaque fois un tout nouveau calibre.
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    Pour le 100e anniversaire de l’entreprise en 2001, Dubois Dépraz avait déjà voulu marquer le coup en réalisant une montre de poche unique, la grande complication Westminster qui restitue le carillon de Big Ben.
    Pour le 100e anniversaire de l’entreprise en 2001, Dubois Dépraz avait déjà voulu marquer le coup en réalisant une montre de poche unique, la grande complication Westminster qui restitue le carillon de Big Ben.
Par : Nicolas Paratte
Publié dans : Gold'Or
07.10.2011

«Nous proposons une alternative aux marques qui n’ont pas envie d’un chronographe intégré figé», a expliqué début octobre Pascal Dubois, co-directeur de Dubois Dépraz avec son frère Jean-Philippe, lors d’un tour d’usine à l’intention des médias. L’entreprise familiale, nichée au cœur du Jura vaudois, ne fabrique en effet pas de mouvement propre, mais conçoit des modules microtechniques destinés à l’horlogerie moyen et haut de gamme. La firme est spécialisée dans l’usinage de haute précision, le découpage, l’assemblage, la décoration ou encore les traitements de surfaces et thermiques, pour ne citer que ces opérations.

Deux divisions horlogères cohabitent chez Dubois Dépraz. La première, la plus importante, qui génère environ 70% des activités de l’entreprise, développe, réalise et commercialise ses propres produits tels que des mécanismes de chronographe à indications multiples, des mécanismes particuliers – affichant entre autres jours, mois, phases de lune, marées, fuseaux horaires, GMT, etc. – et des sonneries (répétitions minutes, etc.). Le deuxième département est une unité de sous-traitance pure qui fabrique un produit selon le plan spécifique du partenaire industriel. Parallèlement, un tout petit pourcentage est consacré à la sous-traitance extra-horlogère qui ne concerne que quelques clients historiques.

L’absence de marque

Si la renommée de Dubois Dépraz n’est aujourd’hui plus à faire – ses clients se comptant parmi les plus grands de l’horlogerie helvétique à l’instar de Baume et Mercier, Breitling, Carl F. Bucherer, Maurice Lacroix, Richard Mille, Parmigiani, Corum, Rolex, etc. – l’entreprise reste toutefois dans l’ombre de ses partenaires, par la force des choses. En effet, elle n’a pas de marque propre, principalement pour ne pas faire de concurrence à ses clients.

Pour gagner en visibilité, la tentation de créer un mouvement intégré pourrait être une voie à suivre et les deux patrons de Dubois Dépraz ne l’excluent pas dans le futur. « Jusqu’il y a peu, ce n’était pas envisageable, les moyens de production, les équipes, etc. faisant défaut. Mais c’est un sujet qui nous intéresse d’autant plus que nous avons acquis de nouvelles compétences et bénéficions d’une certaine expérience en la matière », a précisé Jean-Philippe Dubois. D’après ce dernier, ce serait le très haut de gamme qui serait visé.

Mais c’est surtout dans le contexte actuel qu’une telle opportunité pourrait s’avérer pertinente pour la firme du Lieu. La manufacture ETA va en effet réduire dès 2012 ses livraisons de mouvements terminés à ses concurrents, ce qui a suscité de vives réactions de la part des clients de Swatch Group. Dubois Dépraz ce sent néanmoins en marge de cette polémique, même si les directeurs « espèrent qu’ils seront dans le bon wagon » l’an prochain. A noter que la situation est paradoxale pour l’entreprise: « Nos concurrents, ce sont nos clients eux-mêmes. A ce titre, ETA est un concurrent. Mais on ne peut pas vraiment parler de concurrence vu que nous lui achetons et livrons tout à la fois. »

La souplesse des composants

Quoi qu’il en soit, Dubois Dépraz entend continuer de se profiler dans le domaine des composants additionnels sur mouvements ETA ou manufacturés. Créer une marque dans l’immédiat serait trop difficile: « Nous ne sommes pas des gens du marketing et de la vente, nous sommes des horlogers », a estimé Jean-Philippe Dubois. Pour faire face à sa vraie concurrence, incarnée par exemple par La Joux-Perret, le plus judicieux selon lui est de suivre le chemin tracé il y a 15 ans déjà, soit de pénétrer progressivement les groupes comme Richemont, LVMH ou encore Rolex. « Grâce à cette stratégie, nous avons réussi à agrandir considérablement notre clientèle. De cinq à dix clients il y a 20 ans, nous en comptant actuellement une cinquantaine. »

Mais un autre avantage réside indubitablement dans la souplesse des produits que propose Dubois Dépraz: « Nos modules peuvent être modifiés très facilement et rapidement, selon les vœux de nos partenaires », a souligné Pascal Dubois. Cette conception, n’en déplaise aux puristes qui défendent bec et ongles les mouvements intégrés, commence d’ailleurs à séduire à l’international. Dubois Dépraz compte actuellement quatre clients aux Etats-Unis, quatre en Allemagne et un en France.

Pour Jean-Philippe Dubois, le but est finalement de demeurer une entité locale à taille humaine et indépendante dans ses décisions stratégiques. Le nouveau jubilée que son entreprise fête cette année est ainsi une raison de plus pour défendre cette ligne et marquer le coup face aux marques prestigieuses de la vallée que sont les Audemars Piguet, Blancpain, Breguet, Jaeger LeCoultre, Patek Philippe, Bulgari, Vacheron Constantin et autre Philippe Dufour.

Publié dans : Actualités, Gold'Or
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