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Urwerk - Le concept du porteur-régleur

EMC : par ces trois lettres, abréviation de Electro Mechanical Control, la marque genevoise Urwerk vient de lever le voile sur l’un des concepts les plus intéressants présentés depuis des années par les horlogers. Le principe ? Une montre mécanique – donc dotée d’un mouvement exclusivement mécanique - dont la précision de marche peut être contrôlée électroniquement et sur la marche de laquelle le porteur peut interagir.
Par : Michel Jeannot
Publié dans : Tribune des Arts
04.07.2013

L’exercice est d’autant plus délicat que l’alliance de la mécanique et de l’électronique a toujours – et légitimement – rebuté les véritables amateurs d’horlogerie qui rêvent exclusivement de mécanique. L’adjonction de composants électroniques à une base mécanique – le plus souvent pour gagner en précision – a déjà fait l’objet de nombreuses recherches et d’une multitude de solutions innovantes en horlogerie. L’ensemble des mouvements autoquartz relève notamment de ce type de développements : on accumule l’énergie par un système de remontage automatique – on peut ainsi se passer de pile – tandis que la précision est assurée par la haute fréquence du quartz. Or la présence de cette électronique est à la fois la force et la faiblesse de ces systèmes. Elle permet naturellement de gagner en précision mais elle péjore l’aspect purement mécanique de la montre.

Le concept EMC d’Urwerk emmène l’horlogerie dans une nouvelle dimension. Si l’électronique est bel et bien présente, elle n’est là que pour contrôler la précision du mouvement mécanique et pour donner au porteur les informations liées à sa chronométrie. A partir de là, le porteur se transforme – s’il le souhaite – en horloger régleur et corrige d’un geste simple la marche de la montre. Cette interaction entre le possesseur et la montre s’inscrit dans la droite ligne des développements présentés jusqu’ici par Urwerk.

Depuis ses débuts publics en 1997, Urwerk a en effet déjà choisi à plusieurs reprises de mettre le porteur ou son comportement au centre des développements présentés. Tantôt en lui permettant d’agir sur la puissance du remontage automatique, tantôt en lui indiquant l’efficience du remontage durant les deux dernières heures écoulées, intégrant ainsi pour la première fois le comportement du porteur dans une indication donnée par la montre. Felix Baumgartner, co-fondateur d’Urwerk, et les horlogers et ingénieurs qui l’entourent ont été encore plus loin avec l’EMC en embarquant sur le mouvement mécanique un appareillage de mesure électronique extrêmement sophistiqué.

Dans les faits, le mouvement EMC embarque un capteur optique en lien avec le balancier et un oscillateur électronique qui bat à une fréquence de 16 millions de hertz. En lisant optiquement les mouvements du balancier, l’ensemble est capable de calculer le différentiel entre la marche du mouvement et l’oscillateur de référence. « En fait, nous avons ajouté un œil intelligent sur notre balancier qui peut mesurer le retard ou l’avance de notre montre et le traduire en secondes par jour » explique Felix Baumgartner. De fait, une fois la mesure réalisée, la montre indiquera au porteur si le mouvement avance ou recule de x ou y secondes par jour. Disposant de cette information – dont seuls les horlogers disposent d’ordinaire grâce à un appareil de mesure – le possesseur peut dès lors corriger manuellement la marche du mouvement pour accélérer ou ralentir sa cadence.

Déjà fonctionnel, le nouveau mouvement d’Urwerk n’en est pas moins qu’un concept. Qu’il s’agit encore de miniaturiser et de designer pour l’intégrer à une montre et concrétiser ainsi une innovation aussi utile que ludique.

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